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L'association des francophones de Belgrade

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Qu’est-ce que la slava?

La Slava est une fête typique de l’Eglise orthodoxe serbe qui célèbre le Saint patron protecteur de la famille. Toutes les familles serbes ont une slava qui fait partie intégrante de l’identité nationale. On hérite du saint patron de père en fils aînés : par exemple, le frère cadet sera invité à la slava de son frère plus âgé et une femme mariée célèbrera le saint patron de son mari.

A l’époque où les Serbes adoptèrent le Christianisme, ils vivaient en tribus, elles-mêmes divisées en cellules familiales. Chaque famille possédait, outre les dieux communs à tous, un dieu domestique, protecteur de la maison, de ses occupants et du bétail. Souvent personnifié par un ancêtre, il éloignait les mauvais esprits et aidait dans la vie quotidienne.

C’est pourquoi certains ethnologues spécialisés dans les coutumes nationales traditionnelles sont venus à penser que la Slava célébrait le souvenir d’ancêtres méritants. D’autres estiment qu’il s’agissait de marquer le jour où le premier ancêtre de la famille avait adopté la nouvelle religion. Par exemple, dans le cas où le baptême de celui-ci avait eu lieu le jour de la Saint Nicolas, tous ses descendants fêteront ce saint-là.

Chaque tribu, en adoptant la Christianisme, dût abandonner ses dieux protecteurs en faveur du Dieu unique. C’est la raison pour laquelle, chaque année, le jour de ce nouveau saint est fêté en famille.

Les slava les plus communément célébrées sont celles de Saint Nicolas, Jean, Georges, Michel Archange, Dimitri et Luc.

Le Žito (gâteau de blé cuit), la brioche, le vin, le cierge, l’encens, l’huile et l’eau sont autant de symboles spirituels de la slava, dont l’origine païenne et la symbolique ont été adaptées au Christianisme.

Le žito est fait à base de blé blanc cuit à l’eau (bénie au préalable par le prêtre), auquel on ajoute des noix, des amandes, des noisettes ainsi que du miel (ou du sucre), qu’on met sur une jolie assiette et qu’on saupoudre abondamment de sucre glace.

A l’église ou à la maison, ce dernier est aspergé de vin rouge. Le blé, chez les Chrétiens, est symbole de résurrection puisque lorsqu’il est jeté à terre, loin de se dessécher, il germe et se multiplie.

Le vin. Rouge comme le sang, il est versé sur le žito et sur la brioche et est l’expression du sacrifice du Christ pour le salut des hommes.

La brioche est préparée avec de la farine de blé, de la levure et de l’eau bénie et joliment décorée de pâte tressée en forme d’oiseaux, de fruits… Sur le sommet, on ajoute un petit carré de pâte sur lequel le posturnik (tampon) a tracé les quatre signes traditionnels NK KC NN KA (Jésus-Christ Sauveur), ainsi qu’un petit brin de basilic. Antérieure au Christianisme, elle était offerte au dieu en guise de remerciement pour une moisson fructueuse. Le prêtre en récitant une prière et tous les membres de la famille tiennent la brioche du bout du doigt en la faisant tourner de gauche à droite, selon un ancien rite solaire.

Le cierge est en cire jaune pure, ce qui signifie que la prière des fidèles vient de la sincérité de leur cœur et qu’ils sont eux-mêmes enfants de la Lumière. Le cierge est allumé par le chef de famille au moment où l’on coupe la brioche. Il représente aussi le foyer : sa flamme, unie avec l’éclat du soleil, purifie et sa luminosité chasse l’obscurité du mal.

L’encens qui s’échappe de l’encensoir monte comme une prière devant Dieu.

Généralement, la slava se célèbre dans la maison du « patriarche », c’est-à-dire du chef de famille. Elle rassemble toute la famille et les amis proches et peut durer jusqu’à trois jours pendant lesquels on mange des plats traditionnels : gibanica, pita, sarma (feuilles de chou farcies), pihtije (aspic), cochon de lait ou agneau à la broche…

La slava peut être « grasse » (mrsna) ou « maigre » (posna), c’est-à-dire sans viande (remplacée par du poisson), sans œufs ni produits laitiers, selon que le jour de célébration soit pendant une période jeûne ou non.